
Il faisait encore froid dimanche dernier, et le vent n'arrangeait rien. Mais je ne voulais pas rester enfermer à travailler tout le week-end et je suis donc allée au château de N. à vélo. Il se tenait dans le parc une course de lévrier, je n'en avais jamais vu et j'étais d'humeur curieuse.
Au moment où j'arrivais, une course était en train, on pouvait voir une chose informe filer entre les hautes herbes, talonnée de près par trois grand lévriers. Mais j'eut un frisson en les voyant passer la ligne d'arrivée et se jeter sur l'appât qu'ils suivaient. Celui-ci s'était à peine stoppé au bout de la piste que les bêtes lui sautaient dessus et se le disputaient. C'est en me rapprochant que je que je compris que la chose n'était pas un lapin innocent et frêle, mais un amat de tissus et de poils.

En observant la préparation de la course suivante, j'ai compris pourquoi les lévrier déchiquettent littéralement l'appât à la fin. Celui-ci est en fait rempli de peau de lapin, puis tiré par un filin métallique qu'on remonte comme une horloge et qu'on actionne grâce à un moteur. Les chiens sont excités par l'odeur et par la vue du festin potentiel qui file sous leurs yeux.
Mais une fois sur la ligne d'arrivée, récupérer l'appât intact n'est pas une mince affaire, et faire ouvrir la gueule aux chiens encore moins.

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