mardi 27 mars 2007

L'ennemi numéro un du lapin


Il faisait encore froid dimanche dernier, et le vent n'arrangeait rien. Mais je ne voulais pas rester enfermer à travailler tout le week-end et je suis donc allée au château de N. à vélo. Il se tenait dans le parc une course de lévrier, je n'en avais jamais vu et j'étais d'humeur curieuse.

Au moment où j'arrivais, une course était en train, on pouvait voir une chose informe filer entre les hautes herbes, talonnée de près par trois grand lévriers. Mais j'eut un frisson en les voyant passer la ligne d'arrivée et se jeter sur l'appât qu'ils suivaient. Celui-ci s'était à peine stoppé au bout de la piste que les bêtes lui sautaient dessus et se le disputaient. C'est en me rapprochant que je que je compris que la chose n'était pas un lapin innocent et frêle, mais un amat de tissus et de poils.
En observant la préparation de la course suivante, j'ai compris pourquoi les lévrier déchiquettent littéralement l'appât à la fin. Celui-ci est en fait rempli de peau de lapin, puis tiré par un filin métallique qu'on remonte comme une horloge et qu'on actionne grâce à un moteur. Les chiens sont excités par l'odeur et par la vue du festin potentiel qui file sous leurs yeux.

Mais une fois sur la ligne d'arrivée, récupérer l'appât intact n'est pas une mince affaire, et faire ouvrir la gueule aux chiens encore moins.

lundi 26 mars 2007

L’imprévue

J’avais pensé relater aujourd’hui mes aventures du dimanche, mais elles attendront bien une journée. Je me dois en effet de parler de l’évènement du jour, parce que c’est une bonne nouvelle que ceux qui me savent déprimée par mon travail seront heureux de connaître.

Ce matin, me réveiller fut aussi difficile que de m’endormir hier soir (insomnie jusqu’à au moins 2 heures de demie du matin, j’adore). Pas très à l’heure en sortant de chez moi + dix minutes pour chauffer la voiture car il avait gelé cette nuit = retard assez conséquent (15 minutes, ça semble peu pour certains mais pour Tuteur Tunning* c’est beaucoup trop).

Bref quand j’arrive dans le bureau, je remarque tout d’abord que l’Ours est revenu, puis qu’une nouvelle arrivante occupe le bureau au fond de la salle, près de la fenêtre.
Je me mets au travail, ce n’est pas la première fois que des personnes arrivent dans l’entreprise sans que j’en soit prévenu : la comptable passe régulièrement (enfin je crois que c’est une comptable), un beau gosse au sourire Colgate est venu récemment formé l’Ours à un logiciel de gestion…
Au bout de quelques minutes Papa Patron* entre dans le bureau me salue et me présente à la jeune fille en me disant qu’elle est en stage ici pour trois mois. Cela m’a plutôt réjoui car je me sens seule dans cette entreprise froide et illogique.

Un peu plus tard Tuteur Tunning m’a demandé de lui montrer quelques petites choses sur ordinateur, ce qui nous a permis de parler un peu. J’ai donc appris qu’elle a répondue à la proposition de stage, et qu’elle a une de ses mission de stage qui est la même que la mienne !
Je suis contente de pouvoir réaliser un projet en duo (ce projet est conséquent, être deux ne sera pas de trop). De plus j’attends depuis un moment qu’on me dise de le commencer, et j’avais l’impression qu’il allait passer à la trappe. Mais dans le même temps je me rends bien compte que je ne suis absolument pas intégrée dans cette entreprise, où personne n’a jugé bon de me prévenir de ces nouveaux événements. J’ai déjà demandé plusieurs fois quand j’allais commencer ce projet, et au lieu de me tenir informée, on me renvoyait faire des truc inintéressants dans mon coin.

J’espère vraiment que cette arrivée va marquer un tournant dans mon travail et m’aider à mieux supporter l’entreprise. Contrairement à mes frères ou à Maman Daggett qui n’ont pas encore de nom de code, j’en ai tout de suite trouvé un surnom pour ma nouvelle collègue : l’Imprévue.

*nom de code pour désigner mon tuteur d’apprentissage.
**nom de code pour désigner le patron, j’ai de l’inspiration aujourd’hui.

samedi 24 mars 2007

La loi des séries partie 1


Je dois vous parler ici d'un sujet grave qui me touche directement. Une loi des séries pousse les portes à se refermer quand je veux sortir ou entrer quelque part. Je suis en effet restée enfermée dehors ou dedans 3 fois depuis novembre 2006. Je vous relaterai ces mésaventures un de ces triste jours ou ma muse sera en grêve. Mais ce qui me pousse à écrire à ce sujet aujourd'hui, c'est que cette terrible malédiction touche maintenant ceux que j'aime. Enfin pour l'instant celui que j'aime. En effet la semaine dernière, mon pauvre Norbert en a été l'innocente victime.

Arrivé le vendredi soir pour passé le week-end à A., Norbert passait une bonne soirée chez moi. Vers 21h30, le vin de Cahors ingurgité plus tôt poussa mon chéri à prendre la direction des toilettes. Cependant, en fermant chastement la porte à clef, un "clac" se fit entendre au niveau du verrou : le système avait cassé net.

On tourna avec impuissance la clef dans la serrure, on démonta la poignée, on la remonta... impossible de faire bouger le fichu verrou. On ne pouvait même pas le voir ni l'atteindre entre le linteau et la porte car ceux-ci se recouvraient l'un l'autre (de mon côté la porte passait devant le linteau, du côté de Norbert le linteau passait devant la porte).

Je cherchais donc dans l'annuaire des serruriers, aucun ne répondait (même ceux où il était précisé "Service 24h/24"... tous des pourris.). J'appelais donc la gendarmerie pour connaître le numéro du serrurier de garde (à 22 heures un vendredi soir, on faisait assez fort je dois dire). Il me donnèrent le numéro d'un serrurier que j'avais déjà appelé et qui avait laissé son portable soigneusement éteind. Puis ils me dirent de faire sauter le verrou en le trifouillant entre la porte et le linteau. Comme j'avais déjà fait tout cela et qu'ils manquaient d'imagination, ils racrochèrent, pour aller sauver la veuve et l'orphelin sans doute.

Moi j'avais un Norbert à sauver, je décidais donc d'appeler les pompiers. La pensée de mon chéri obligé de dormir roulé en boule sur le tapis de douche, recouvert par une serviette de bain en attendant qu'un serrurier ouvre, m'était insuportable. Ceci dit, il avait un lavabo et des chiottes, et je pourrais toujours lui glisser un bounty sous la porte s'il avait faim. Il n'était pas mort, mais moi j'avais envie de faire pipi, la fin justifiait donc les moyens.

En ligne avec un adorable agent du SDIS, je lui détaillais donc le problème. Il me dit que la porte souffrirai quelque peu (la hache n'est pas une solution délicate mais en l'occurence c'était la seule qui me restait) et que le service serait certainement facturé. Cela ne me dérangeait pas, de toute façon je comptais bien faire payer l'agence de location immobilière (ils sont habitués, tout se casse ici). Et puis voir débarquer des beaux pompiers alors que j'étais en nuisette, chaussons-vache au pieds, me laissait rêveuse ;).

Alors que je précisais l'adresse au charmant jeune homme, un énorme bruit me fit sursauter, la porte claquant contre le mur, la poignée trouant le plâtre et un bout de linteau traversant la pièce. "Heu... en fait c'est bon, désolée pour le dérangement. Merci et bonne soirée !"
Je sautais dans les bras de mon pauvre Norbert, impressionnée par son instinc de survie et conquise par sa force surhumaine.

Il avait vaincu la malédiction de la porte fermée.

jeudi 22 mars 2007

MON bureau (enfin presque)


Comme mes derniers posts n’étaient pas franchement joyeux, j'ai décidé d'aborder mon travail sous un angle plus positif.
J’ai dans mon bureau un collègue tenant plus de l’ours que de l’humain (tiens d’ailleurs maintenant je l’appellerai affectueusement l’Ours), grande carrure pataude, facultés de communication et de sourire assez peu développée. Mais en substance assez sympathique quand même. Bref, qu’il soit là ou pas, l’Ours est toujours ailleurs en quelques sortes, car il y a entre nous une quasi-absence de dialogue.
Mais depuis hier il a VRAIMENT disparu, rassurez-vous il est sans doute en congé. Ceci dit l'intérêt n'est pas dans son absence, mais plutôt dans ma présence, SEULE dans MON bureau !

Au niveau social le départ de l'Ours ne change rien pour moi, je suis toujours aussi muette au travail. Mais j'ai trouvé pleins de petits avantages à avoir un bureau rien qu'à moi :
- Régler le store de la fenêtre comme je le souhaite (l'Ours aime allumer la lumière et les laisser fermer). Je redécouvre ma formidable vue sur le parking de l'entreprise.
- Faire du bruit en buvant son thé (mon petit plaisir personnel).
- Manger devant l'ordinateur sans passer pour une addict.
- Arriver la première dans mon bureau, même en étant en retard (l'Ours à toujours un quart d'heure d'avance).
- Ecouter aux portes pour entendre qui est entré dans le hall et à qui parle le patron (je suis une vilaine curieuse).
- Regarder mes méls sans craindre que l'Ours ne passe derrière moi en jetant un coup d'oeil à l'écran.
- Révasser sans complexer, tout simplement...

Je crois que je ne me rendais pas bien compte de l'avantage que cela représente, j'ai l'impression d'être une nantie à présent. Enfin c'est ce que j'étais en train de me dire hier après-midi, quand mon tuteur est entré dans mon bureau pour prendre un fax.

Il faudra que je pose un verrou . ;)

mercredi 21 mars 2007

L’apprentissage à contre-emploi

Tout nos hommes et femmes politiques, s’extasient actuellement sur l’apprentissage et ses bienfaits. Je pense que cette filière a en effet de nombreux avantages en théorie. En effet si l’apprenti est employé pour d’autres raisons que son salaire misérable (environ 53% du SMIC en règle générale), cette option peut être profitable aussi bien à l’entreprise qu’à l’étudiant. Mais voilà, ce n’est pas toujours ainsi que les choses se passent en réalité.

Je suis moi-même en apprentissage et je dépends de l’IUT de B. Quand j’ai cherché une entreprise pour faire mon apprentissage, j'en ai appelé tout un tas. Beaucoup étaient d’accord pour un stage mais pas pour un apprentissage, trop de paperasse et surtout une loi claire sur le sujet, l’obligeant à me verser un salaire. Lorsque l’IUT m’a communiqué des noms d’entreprises où postuler, j’étais donc ravie.
J’ai finalement été retenue par une entreprise dans laquelle on m’a précisé que mon tuteur n’était pas employé au même poste que le mien, mais que cela ne posait pas de problème à l’université. N’ayant jamais travaillé en alternance avant, et surtout étant engagée par une entreprise que l’IUT m’avait recommandée, je ne me suis pas attardée sur ce point.
Mais voila maintenant je me rends compte de l’importance du tuteur d’entreprise en apprentissage. Celui-ci est censé pouvoir vous aider en cas de problèmes. Et comme je travaille sur des logiciels que mon tuteur ne connaît pas, il me dit le résultat qu’il veut obtenir, mais ne peux pas m’aider quand je suis bloquée sur un point. J’envoie donc régulièrement des méls à des professeurs concernant des problèmes précis, mais lorsque la réponse se fait attendre je cherche sur Internet…

A cela s’ajoute un autre soucis : la vision de l’apprentissage. Cela peut semble bête mais c’est pourtant crucial. En effet un apprenti est censé apprendre en cours, s'exercer grâce aux travaux et exercices qu'il fait chez lui, et poursuivre cette pratique en entreprise. Autrement dit il est tout le temps en train d'apprendre. Et bien évidemment il ne pas avoir le niveau d'un employé normal (sinon il serait payé pareil, ça me semble logique).
Pourtant j'ai découvert que mon employeur et mon tuteur n'ont absolument pas la même vision de l'apprentissage : pour eux je suis une employée comme une autre. Et je n'apprends pas lorsque je suis en entreprise mais j'applique. Donc je dois être aussi productive. Comme c'est impossible bien entendu, mais que ce n'est pas leur problème mais le mien je dois faire des heures sup'(non rémunérées bien sûr).
Alors lorsque je mets trop de temps à faire une mission, ils me font ensuite faire des choses qui ne m'apportent absolument rien en terme d'expérience (genre détourage photo), mais qu'ils sont certains que je saurai faire rapidement.

Résultat des courses : je passe la plupart de mon temps à faire des choses inintéressantes, je suis frustrée de ne pas pouvoir réaliser des projets beaucoup plus sympas (pour lesquels j'ai été embauchée à la base).Et lorsqu'il m'arrive de faire une de ces choses intéressante, je mets deux fois plus de temps qu'un apprenti normal car je n'est pas de tuteur compétent pour m'aider. Du coup je bosse comme une folle sur ma pause de midi et je ne travail plus à mes propres projets de cours...

Je pense pourtant que l'apprentissage est une très bonne méthode pour étudier, mais elle devrait être plus encadrée; car à partir du moment où l'IUT donne son accord, l'entreprise n'a pas de comptes à lui rendre, et fait plus ou moins ce qu'elle veut.

mardi 20 mars 2007

Bambi and cie


Comme dirait Norbert : "OOOOOOOOHHH Une biche !! elle est tombée du nid, elle s'est fait mal aux ailes ?"

Je suis malade en ce moment, un gros rhume bien fatiguant, qui bouche le nez et tout et tout (c’est tout ce qu’il me manquait pour être encore plus en retard dans mon travail), et ce n’est pas très joyeux à raconter. J’ai donc choisi d’aborder un thème complètement différent : les animaux de nos chères campagnes françaises.

Je croyais savoir ce qu’était la campagne puisque j’ai passé la plus grande partie de mon enfance dans la cambrousse de Daggettcity, à 5 Km du bourg (Daggettcity étant elle-même à 5 km de la bordure de la grande ville de N.). J’avais donc goûté aux joies de la ruralité, en participant avec délectation à la fabrication du boudin avec un fermier (dont le cheval de traie donna son nom à ma rue). Ou encore en allant chercher régulièrement le lait à la ferme en courant au milieux des poules, je me souviens encore de son goût chaud et crémeux. J’avais également eu l’occasion de voir un renard et quelques animaux du genre. Ils craignaient les maisons et les chasseurs, mais pas nos poubelles ni nos jeux traînant dans le jardin. Bref je croyais être rodée en matière de bestioles.
Mais depuis un peu plus de 6 mois que je suis à A. j’ai l’impression d’avoir vu plus de bêtes que pendant mes 20 dernières années. Faisans et faisanes, biches, lapins, rats musqués de tout poils et bien entendus rapaces en tout genre. Ce soir encore en reveant du travail j'ai vu un lièvre sagement assis au milieu des vignes, à 2 mètres de la route, regardant passer les voitures. Cette profusion de bestioles est bien sûr lié aux forêts réputées giboyeuses de la région, mais ma rencontre récente avec une biche m’a vraiment stupéfaite.

Je travaille dans le bled de L. à côté de Tours, et à part travailler sur mes projets persos, il n’y a rien à y faire lors de ma longue pause de midi. L’autre jour j’étais donc allée faire un tour le long du C., rivière en crue à ce moment là. Impressionnée par le niveau de l’eau, j’avais emmenée avec moi mon appareil photo, histoire d’immortaliser le terrain de basket inondé et fréquenté par les canards.
J’étais donc dans cette aire de pique-nique longeant la rivière, lorsque j’ai vu sortir d’un bosquet tout proche une biche, trottinant dans les 20 centimètres d’eau qui recouvraient le terrain de football. Complètement ahurie j’ai juste eu le temps de prendre une photo avant qu’elle ne remarque mon écharpe rouge et fasse demi-tour en courant. S’il ne me restait pas la photo, j’aurai du mal à y croire aujourd’hui encore.

Ce qui m’a surpris n’est pas tant le fait de voir une biche (j’en avais déjà vu en forêt), mais plutôt qu’elle se balade dans un bosquet, à 10 mètres des habitations. Ceci dit, ce genre d’apparition doit être courant ici, puisqu’il y a quelques mois j’avais déjà évité un sanglier traversant la route à la sortie de la ville.
Tous n’ont pas la même chance, car si cette région est une zone riche en faune sauvage, ses voies départementales et nationales doivent certainement détenir le triste record des routes les plus peuplées de cadavres d’animaux.

mardi 13 mars 2007

Surprise :)


Les vraies surprises sont bien peu nombreuses. Celle que m'a faite Norbert pour mon anniversaire est de celles que je garderai en mémoire.
Tout d'abord il ne devait pas être présent et pourtant il était le vendredi soir sur le pas de ma porte, fleurs à la main ! De quoi me faire oublier mes mésaventures de la veille. Mais le mieux fut quant il m'emmena au "lieu mystère" le dimanche, alors que j'avais juste prévu un morne retour en train à A. ce jour là.
Nous sommes partis tôt le matin, et je me suis endormie au bout d'une heure de voiture. C'est seulement lorsque je me suis réveillée une demi-heure avant d'arriver au "lieu mystère" que j'ai découvert qu'on allait au Futuroscope :)
Il pleuvait à torrent et il ventait, mais comme je n'étais jamais allée dans un parc d'attraction, j'étais complétement euphorique pendant la plupart de la journée. Mon seul bémol à cette journée est quand je suis sortie de l'attraction sur la Vienne dynamique, j'avais l'impression d'être resté trop longtemps en voiture (ce qui me rend malade).
Même si le retour vers A. fut quelque peu solitaire, j'ai passé ma meilleure surprise d'anniversaire depuis mes 6 ou 7 ans. Je ne me rappelle pas exactement de l'âge que j'avais mais la surprise m'a marqué à jamais: j'étais allée acheter une poupée avec mon papa, et lorsque nous étions revenus à la maison, la lumière s'était allumée en même temps que mes voisins et ma famille s'exclamait "Joyeux Anniversaire !" inoubliable ...
Je réalise que je nai même pas parlé des fameux cadeaux dont j'ai fait la liste précédemment. Mes amies m'ont offert un sac assez proche de ceux de la liste (je dirais même plus beau !). Et comme le cadeau de ma marraine était "financier" et qu'il correspondait au prix d'un Flickflack, je l'ai choisie moi-même :)